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Le pari réussi d’Apple Pay en France

Trois ans et demi après son lancement en France, Apple Pay n’est plus loin d’avoir fait venir à son guichet tout ce que le paysage bancaire français compte de vieux et de nouveaux établissements. Effet secondaire de ce travail de fond dans l’Hexagone, la solution de paiement d’Apple a des ramifications plus nombreuses que celles de Samsung et de Google.

Ce 4 décembre, Apple a inscrit deux groupes supplémentaires au rang de ses prochains partenaires : le Crédit Agricole (avec dans ses bagages LCL) et le Crédit Mutuel (qui coiffe le CIC et Banque Transatlantique). Ils étaient attendus depuis belle lurette.

Avec ces annonces dont la concrétisation se fera au fil de 2020, le tableau de chasse d’Apple Pay en France est quasiment au complet. Il faut y ajouter ING Direct, non cité par Apple mais qui a fait l’objet d’une annonce officielle par son responsable en France, avec l’objectif du premier semestre 2020.

Lorsqu’Apple Pay a démarré en France en juin 2016, les pionniers étaient la Caisse d’Epargne et Banque Populaire (toutes deux du Groupe BPCE), Carrefour Banque et Ticket Restaurant. Et c’est tout.

Peu de monde mais la patience a payé. Les grandes banques, dites d’importance systémique, car d’envergure internationale avec les conséquences que cela peut avoir en cas de problème, sont toutes là ou annoncées : BNP Paribas, Société Générale, Groupe Crédit Agricole, Groupe BPCE, Groupe Crédit Mutuel et La Banque Postale.

Entre les groupes historiques qui coiffent plusieurs banques et les néo-banques telles que Boon, Bunq, N26, Revolut Orange Bank (ex Groupama), Lydia… il ne manque plus grand monde.

Chez les absents on pourrait citer AXA Banque ou Allianz parmi ceux qui ont une activité bancaire en plus de leur métier premier d’assureur. Et puis il y a toutes les petites banques ou celles privées. Présentes ou pas, ces dernières ne changeront pas grand-chose à la situation d’Apple Pay. Ce pourrait être en revanche la seconde étape, aller chercher un à un ces établissements pour mailler plus finement encore le territoire.

Il faut apporter une nuance au tableau des banques qui proposent Apple Pay. Cela dépend aussi du type de cartes qu’elles mettent à disposition pour leurs clients (comme récapitulé ici). Chez Arkéa ou Carrefour Banque, Apple Pay ne marche qu’avec les cartes MasterCard alors que chez Caisse d’Épargne ou HSBC il faut une VISA. Dans d’autres banques, le choix n’est pas donné entre les deux réseaux, problème réglé.

Apple Pay devant ses concurrents

Apple Pay n’est pas le seul acteur dans le domaine du paiement par smartphone, dans un pays où Android est largement plus présent. Cependant, parti premier, il est logiquement le mieux installé.

En février 2017, un groupe de banques a lancé son propre système baptisé Paylib, pour garder une forme de souveraineté sur ce mode de règlement. La liste des établissements participant n’a pas à rougir de celle d’Apple Pay, par contre Paylib est inexploitable sur un iPhone, du moins pour la fonction de paiement sans contact en magasin. C’est Apple qui décide si une app tierce peut utiliser la puce NFC des iPhone et s’installer dans Wallet. Pour Paylib c’est entrée interdite, c’est Apple Pay ou rien.

Dans le registre des groupes de l’électronique qui se sont lancés dans le paiement mobile, il faut compter avec Samsung Pay, inauguré en France en avril 2018. La liste des partenaires n’est pas aussi étoffée que celle d’Apple, il y a néanmoins la Caisse d’épargne, la Banque Populaire, le Crédit du Nord, le Crédit Coopératif, Lydia et Samsung a décroché en premier le Crédit Agricole ! Mais point de Société Générale, de Banque Postale, d’HSBC, de N26, de Revolut, etc. Tandis qu’Apple arrive au bout du chemin, Samsung est encore au milieu.

Samsung Pay

Enfin, dernier arrivé, Google Pay qui s’est lancé en France en avril. Ses partenaires sont moins nombreux que ceux de Samsung, il y a surtout des néobanques (N26, Revolut, Boon, Bunq, Orange Bank…) et aucun établissement ou groupe historique de premier plan.

Google Pay

Maintenant que tous les gros poissons sont en passe d’avoir été pêchés par Apple, resteront les banques de plus petite taille et le suivi de toutes celles qui éclosent, les néo-banques.

Sous réserve que les retardataires tiennent leur promesse d’un lancement en 2020, il aura fallu pas loin de quatre ans pour qu’Apple Pay soit accepté par tout le secteur bancaire Hexagonal. Aux utilisateurs maintenant de se laisser convaincre de l’utilité du système. La route est encore longue (voir aussi notre comparateur Je veux le top : des banques Apple Pay).

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Sur l’année 2018, le GIE Cartes Bancaires avait comptabilisé 10 millions de transactions réalisées en magasins depuis un smartphone, pour un total de 2 milliards effectuées avec une carte de paiement sans contact…