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Le drone révolutionnaire DJI FPV risque de se heurter au mur de la réglementation

Le constructeur de drones DJI vient tout juste de sortir un Ovni avec son DJI FPV. Doté des performances d’un « racer », un drone de course, il est également doué pour l’image et accessible aux débutants. Le tout en immersion totale grâce à des lunettes FPV. Pour qu’il puisse prendre son envol, il reste un souci de taille… celui de la réglementation en cours.

Voici sans doute le drone le plus attrayant du moment. Comme son nom le laisse supposer, le FPV de DJI est un drone qui se pilote en immersion totale avec un casque FPV (First Person View). Un drone qui est donc largement inspiré de l’univers des racers, ces amateurs de course de drone. La grande différence, c’est que, en plus d’être des pilotes chevronnés, ces derniers assemblent eux-mêmes leurs puissants appareils. Tout comme un racer, le modèle de DJI est capable d’accélérations phénoménales.

Selon le constructeur, il pourrait atteindre les 100 km/h en seulement 2 secondes pour culminer à une vitesse de pointe de 140 km/h. Toujours, comme les racers, après avoir décollé, l’appareil se redresse quasiment à la verticale pour évoluer et sa liaison vidéo est bien connue des télépilotes de course, puisqu’il s’agit justement du kit DJI FPV System qu’ils utilisent habituellement. Un vrai drone de course donc, mais prévu pour le grand public.

Car, contrairement aux modèles de type racers, le DJI FPV embarque de nombreuses assistances pour que n’importe quel télépilote débutant puisse le manœuvrer sans crainte du crash fatal. Comme tous les modèles de la marque, et notamment le Mavic Air 2 que Futura avait déjà testé, l’aéronef est donc bardé de capteurs anticollisions ; il est conçu pour rattraper les erreurs de pilotage ou atténuer les manœuvres brusques afin d’éviter la perte de contrôle. De même, comme les autres drones de la marque, l’appareil est doué en image, avec un capteur 4K (jusqu’à 60 images par seconde) stabilisé et pouvant être incliné verticalement. Enfin, il disposerait d’une autonomie de 20 minutes, ce qui n’existe pas dans l’univers des racers. Des qualités que Futura ne manquera pas de vérifier lors d’un prochain test.

Le mur de la réglementation

Pour piloter le drone, c’est une télécommande assez proche de celle du Mavic qui est proposée. On retrouve les différents modes de pilotage avec assistances et systèmes anticollision, un mode sport nerveux et un dernier débrayant l’ensemble des aides. Un bouton d’arrêt d’urgence est également disponible en cas de sensation de perte de contrôle à haute vitesse, par exemple. Pour la vue immersive, c’est le masque FPV Goggles V2 de DJI qui opère. Il dispose de deux écrans affichant en 1.440 x 810 pixels avec jusqu’à 150° de champ de vision et jusqu’à 120 images par seconde.

Sa portée est bridée à 6 km en Europe. Le DJI FPV est disponible au prix de 1.349 euros dans un pack comprenant les lunettes FPV et une radiocommande. Un contrôleur ressemblant à un joystick d’avion est également disponible en option pour 149 euros. Étant donné que le vol immersif engendre souvent de la casse, DJI propose son option DJI Care Fresh pour pouvoir remplacer le drone en cas de casse durant un an.

Le DJI FPV est donc un drone impressionnant, mélangeant le meilleur des deux mondes. Mais cet arsenal de qualités pourrait bien se heurter au mur de la nouvelle et très complexe réglementation européenne avant même son décollage. D’abord, il faut impérativement être à deux pour profiter du vol immersif. Un observateur doit se tenir à côté du pilote porteur du casque et conserver l’appareil en vue directe pour le prévenir d’un danger.

Selon la réglementation française, il est également censé pouvoir contrôler le drone avec sa propre radiocommande. Par expérience, Futura peut affirmer qu’à portée de vue directe suppose un éloignement assez faible. Dommage pour l’effet Wow du vol en immersion. Côté altitude, le maximum légal est de 120 mètres. Cette altitude est ramenée à 50 mètres en cas de vol en FPV.

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Les deux opérateurs devront également passer un examen via le site Alpha Tango. Il faut que le propriétaire se procure un numéro d’exploitant, qu’il enregistre le drone et qu’il y accole le numéro d’exploitant. Pour le moment, ce drone dispose encore d’une marge de manœuvre puisqu’il y a une période de transition permettant de passer de la réglementation française actuelle à l’européenne dont l’application est fixée à fin 2022. Mais, après cette période, les limitations pourraient encore être renforcées, sachant que le drone ne dispose pas encore du marquage CE.

  • Le DJI FPV mixe les attributs d’un drone de course avec ceux d’un drone de loisir.
  • Il est bardé de capteurs pour faciliter le pilotage en immersion au maximum.
  • Il pourrait voir son champ d’utilisation fortement limité par la nouvelle réglementation.