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L’activité cérébrale traduite en mots grâce à cette IA

Une équipe de chercheurs américains a utilisé un réseau d’électrodes et une intelligence artificielle pour transcrire des signaux cérébraux en texte. Cette étude pourrait aboutir un jour à une prothèse vocale reliée directement au cerveau.

Des chercheurs de l’université de Californie, à San Francisco, viennent de créer une intelligence artificielle capable de transcrire l’activité cérébrale. L’étude, publiée dans Nature Neuroscience, utilise un réseau de 250 électrodes implantées dans le cortex périsylvien de patients sous surveillance pour des crises épileptiques. Les chercheurs ont ensuite mesuré l’activité cérébrale lorsque les participants ont lu des phrases à haute voix.

Pour entraîner l’IA, les quatre patients sélectionnés ont dû répéter plusieurs fois des séries de 30 ou 50 phrases, contenant entre 125 et 250 mots différents. Les chercheurs ont utilisé un réseau de neurones récurrents pour encoder l’activité neuronale associée à chaque phrase sous forme de représentation abstraite. Le réseau décode ensuite cette représentation, mot à mot, pour créer une phrase.

Un taux d’erreurs de seulement 3 %

L’entraînement n’a pas dépassé 40 minutes par participant. Un total de 15 répétitions permet d’atteindre un taux d’erreurs en dessous de 25 %. Pour la moitié d’entre eux, le taux d’erreurs est passé sous la barre des 8 %, soit une performance équivalente aux transcripteurs professionnels humains, et même 3 % pour l’un des patients. Ces résultats sont toutefois à nuancer, l’étude utilisant un nombre de mots et de phrases limité.

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Cette avancée ne constitue pas une forme de télépathie qui peut sonder les pensées les plus intimes. Outre la procédure invasive qui consiste à implanter des électrodes dans le cerveau, l’IA décode uniquement la parole imaginée. Cette activité cérébrale est très différente du dialogue intérieur. Cette recherche est avant tout destinée aux patients ayant perdu l’usage de la parole. « Nous n’y sommes pas encore, mais nous pensons qu’il pourrait constituer la base d’une prothèse vocale », a indiqué Joseph Makin, l’un des auteurs de l’étude.