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Boire la vie autrement avec Gobilab


[EN VIDÉO] Microplastiques : du fleuve à l’océan
  Le Yangzi Jiang est le plus important fleuve de Chine. Et il a longtemps été suspecté d’être la principale source de pollution aux microplastiques du monde. Des chercheurs de l’université du Michigan (États-Unis) montrent aujourd’hui comment il charrie d’importantes concentrations de microplastiques qui se dispersent ensuite dans la mer de Chine méridionale. (en anglais) © Université du Michigan 

Intéressée par les sujets RSE dès 2005 au sein d’un cabinet de conseil stratégique dans lequel elle travaillait, Florence Baitinger a eu l’envie d’entreprendre pour accélérer sur ces questions par des changements immédiats et impactants. De là est née Gobi, la gourde au départ pour supprimer le jetable du bureau et qui est devenue un symbole d’une nouvelle façon de fabriquer. Florence Baitinger, cofondatrice de Gobilab, répond à nos questions.

Futura : Quelle est votre solution ?

Florence Baitinger : Notre volonté au départ était de proposer une façon écologique de s’hydrater au travail avec Gobi, la gourde éco-conçue, réutilisable et personnalisable. C’est devenu notre produit phare pendant une dizaine d’années, puis en avons proposé une version en verre recyclé mais aussi tout une gamme de gobelets, couverts, pour répondre aux problématiques de l’hydratation et du déjeuner. En parallèle, nous avons lancé Freetaps, une application qui permet de trouver des points d’eau potables autour de vous car nous voulons provoquer un changement des habitudes de consommation et revaloriser l’image de l’eau du robinet. Nous travaillons aussi activement à valoriser l’eau du robinet et encourager chacun à se mobiliser pour protéger les nappes phréatiques des pollutions extérieures : pour l’eau aussi, il faut passer en bio !

Futura : Pourquoi votre start-up va-t-elle changer le monde ?

Florence Baitinger : Le déclic s’est fait en 2010 en constatant la folie de ces petites bouteilles d’eau jetées à peine consommées. D’où l’idée de cette gourde réutilisable, dont l’usage était plus répandu dans les pays nordiques par exemple, mais pas encore en France. La porte d’entrée ? Le monde de l’entreprise dans lequel deux millions de gobelets pour l’eau et deux millions de gobelets pour le café étaient consommés par an, plutôt que le grand public dans lequel l’idéologie du « c’est recyclé, donc pas de problème » était largement répandue. En plus, le fait de vider les poubelles de ces déchets concrétisait visuellement les efforts émergents de l’entreprise en faveur de leur politique RSE. Nous avons aussi fait le choix fabriquer nos produits entièrement en France, qui permet de créer, directement et indirectement, plus de 70 emplois dont 20 emplois solidaires et d’éviter entre 10 et 20 % d’émissions de gaz à effet de serre.

Futura : Comment a grandi le projet ?

Florence Baitinger : Gobilab est donc né en 2012 avec deux cofondateurs dont Samuel Degrémont, mon associé encore aujourd’hui. Dès le début, nous avons voulu nous assurer que ce n’était pas une fausse bonne idée pour l’environnement en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie de la gourde, de sa fabrication à son recyclage. D’où le choix de l’éco-conception et des mesures précises sur plusieurs indicateurs pour passer à un bénéfice environnemental net en quelques mois. Nous avons travaillé avec la coopérative Mu en appliquant le principe de précaution, c’est-à-dire avec des garanties santé au-delà de la réglementation, testées et validées en laboratoires indépendants. L’Ademe Ile-de-France a validé cette démarche, puis la Région nous a aidés à trouver un partenaire industriel, la Bpifrance nous a accordé un prêt et nous avons été incubés par Willa. En 2015, l’aventure a bénéficié d’un formidable coup de projecteur car nous avons équipé les 40.000 participants de la COP21 avec notre gourde réutilisable.

Futura : Si vous étiez Première ministre, quelle mesure phare mettriez-vous en place ?

Florence Baitinger : Il est primordial pour moi de passer de la prime au vice à la prime à la vertu. Nous subissons une concurrence déloyale au niveau du prix avec des pays qui sont pourtant beaucoup moins regardants sur les questions sociales et environnementales. La loi AGEC (Anti-gaspillage pour une économie circulaire) a permis une énorme avancée pour sortir de la catastrophe du plastique à usage unique entre 2020 et 2040. La dynamique est la même au niveau européen avec la directive « Stop Single Use Plastic ». On commence à parler de taxer les « externalités négatives », par exemple le CO2 émis pour fabriquer et acheminer le produit, et c’est vers cela qu’il faut aller. Passer d’une économie « prédatrice » à une économie « régénérative ».

Futura : À quoi va ressembler le monde en 2050 ?

Florence Baitinger : Je m’astreins à l’optimisme pour mes enfants. Je leur dois ça. Je vois beaucoup de facteurs d’espoir dans de nombreux secteurs industriels qui bougent sur ces sujets et d’individus qui changent leur mode de vie. La crise sanitaire aura aussi au moins permis une certaine prise de conscience de cette alerte de la nature, même si le lien avec la biodiversité n’a pas été suffisamment expliqué. De toute façon, avec les deux milliards d’individus qui vont devoir bouger à cause du climat, nous devons trouver des solutions pour nous partager le monde et ses ressources au lieu de se replier sur soi. La sobriété n’est pas une punition, mais au contraire, une libération.

Futura : Quel sujet d’actualité de Futura vous a passionnée ?

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Florence Baitinger : Récemment un article sur la découverte d’un trou noir. L’article était dingue. Il disait « il se déplace à 45 km/seconde, ce qui en fait un vieux trou noir mais aussi un trou noir en fuite, probablement éjecté dans l’espace lorsque son étoile progénitrice a explosé en supernova », génial, non ? Aucune idée de ce dont il s’agit vraiment mais ça ouvre immédiatement l’imagination et ça aide à se remettre à sa juste (petite) place dans l’Univers et ses mystères.