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Apple déchaîne sa colère contre une startup qui propose des répliques exactes d’iOS


Ce jeudi, Apple a engagé des poursuites contre la startup Corellium. Cette dernière propose des versions virtuelles d’iOS, accessibles via un navigateur Web afin de permettre, par exemple, la recherche de failles de sécurité. Sans surprise, ce service déplaît très fortement à la firme de Cupertino.

Peu connue pour son ouverture ou pour le partage de ses services et systèmes d’exploitation avec des tiers, Apple s’en prenait la semaine dernière à Corellium. Spécialisée dans la virtualisation, la startup propose aux développeurs et chercheurs en sécurité des versions émulées (sur serveurs ARM) d’iOS.

Apple n’a pas accordé de licence d’exploitation à Corellium

Le service, payant, permet notamment de faire fonctionner depuis un navigateur Web n’importe quelle mouture du système d’exploitation mobile d’Apple, afin de pouvoir en tester la sécurité ou développer des programmes et applications adaptés. Ces versions d’iOS peuvent aussi être lancées virtuellement, et toujours depuis un navigateur, sur n’importe quel iPhone grâce à des répliques émulées.

Le principal reproche formulé par Apple à l’encontre de Corellium et ses activités porte sur l’absence de licence d’exploitation : Apple n’a pas accordé à Corellium le droit d’exploiter, d’une manière ou d’une autre, iOS. Dans sa plainte, formulée cette semaine, la firme fait donc état d’une violation de propriétés intellectuelles.

« L’activité de Corellium repose entièrement sur la commercialisation de la copie illégale du système d’exploitation et des applications, protégés par le droit d’auteur, qui s’exécutent sur iPhone, iPad et d’autres appareils d’Apple », explique le groupe dans le dossier déposé cette semaine auprès de la cour du district sud de Floride.

« Il n’y aucune raison pour que Corellium vende un produit qui permet la création de répliques, présentées comme parfaites, d’appareils Apple », poursuit le géant californien. Corellium, pour sa part, assure dans sa politique de confidentialité (mise à jour en juillet dernier, précise Business Insider), « respecter les droits de propriété intellectuelle d’autrui et attendre de ses utilisateurs qu’ils fassent de même ».

« Trop, c’est trop », Apple joue aussi sur le contexte géopolitique actuel

Si Apple se défend bien de vouloir décourager le hacking white hat (piratage informatique « bienfaisant », visant à déceler des failles de sécurité pour pouvoir les corriger ultérieurement), l’utilisation des services proposés par Corellium irait au-delà de ce qui est décrit comme de la « recherche en sécurité de bonne foi ». D’après Apple, Corellium encouragerait des comportements numériques néfastes.

« Loin d’aider à corriger les vulnérabilités, Corellium encourage ses utilisateurs à vendre toute information découverte sur le marché libre au plus offrant », argue Apple, qui ponctue sa déposition d’un évocateur « trop, c’est trop ».

Plus intrigant, la marque à la pomme fait vibrer la corde géopolitique après des juristes américains. D’après le groupe, Azimuth, l’un des clients de Corellium spécialisé dans la sécurité, comporterait dans sa propre clientèle « des gouvernements étrangers, y compris des organismes de renseignement étrangers ».

Contactés par Business Insider, Apple et Corellium n’ont pas encore souhaité donner de commentaires sur cette affaire.

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Source : BusinessInsider