Google Stadia veut révolutionner l’industrie du jeu vidéo

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Google a dévoilé sa plateforme de jeux vidéo en streaming Stadia qui ambitionne de libérer les joueurs des contraintes techniques habituelles en leur permettant d’accéder à tous types de jeux depuis n’importe quel écran. Un défi technique colossal à la portée de Google mais qui soulève des interrogations.

Le monde du jeu vidéo a vécu l’un de ses moments clés hier avec l’arrivée d’un nouvel acteur qui entend rien moins que révolutionner le secteur. Il s’agit de Google qui était présent à la Game Developpers Conference (GDC) pour dévoiler Stadia, une plateforme de jeux vidéo en streaming. La promesse est simple : offrir un accès quasi instantané à toute sorte de jeux, mêmes les plus exigeants graphiquement, et depuis n’importe quel écran : PC de bureau ou portable (depuis le navigateur Chrome), smartphone, tablette ou téléviseur (via Chromecast). La seule condition sera de disposer d’une connexion Internet haut débit. « Notre objectif est de rendre ces jeux accessibles dans des résolutions allant jusqu’à 4K et 60 images par seconde en HDR et son surround », annonce Google.

Un pari technique immense que le géant du Web pense pouvoir réussir grâce à sa puissante infrastructure de cloud computing. Stadia tournera sur des serveurs munis de processeurs graphiques AMD spécialement conçus avec une mémoire HBM2 et 56 unités de calcul capables d’atteindre 10,7 téraflops. Une configuration qui évoluera avec le temps afin de garantir des performances toujours optimales. Durant la présentation de Stadia, Google a insisté sur le fait qu’il s’agit d’un service et non d’un « boîtier ». Autrement dit, c’est bien aux consoles de jeux et autres PC pour gamers que Google entend faire un sort.

Une manette Stadia compatible avec l’Assistant Google

En proposant ce qui s’apparente à un Netflix du jeu vidéo, la firme de Mountain View compte créer une synergie avec ses propres services. Ainsi, des internautes regardant une partie de jeu vidéo sur YouTube pourront s’y joindre instantanément en cliquant sur un bouton « Jouer » intégré à l’interface. « Aucun téléchargement, aucune mise à jour, aucun correctif, ni aucune installation ne sont nécessaires », souligne Google. À bon entendeur…

Bien que Stadia soit compatible avec toutes les manettes de jeu existantes, Google a développé son propre modèle doté d’une connexion Wi-Fi, d’un bouton permettant de partager une partie ou une capture d’écran. La manette Stadia est aussi compatible avec l’Assistant Google, mais l’on ne sait pas encore exactement de quelle manière cela sera exploité avec le service en ligne.

Google va devoir se faire un nom dans l’industrie du jeu vidéo

Outre sa puissance financière et technologique, le choix des personnes pour piloter le projet Stadia témoigne des grandes ambitions de Google. Phil Harrison tout d’abord, qui dirige la division jeu vidéo, est un vétéran de l’industrie des jeux vidéo passé par Sony et Microsoft pour la Xbox. Il y a aussi Jade Raymond, véritable vedette du secteur qui s’est taillée une solide réputation en créant et dirigeant des studios de développement pour Ubisoft et Electronic Arts. Elle a la charge du tout nouveau studio de développement de jeux Stadia Games and Entertainment. Deux experts reconnus pour à la fois guider Google dans la création de contenus originaux et inciter les développeurs tiers à miser sur Stadia. Face à la concurrence, Google va devoir aligner des titres phares et exclusifs susceptibles d’attirer les joueurs en masse. Car, hormis les performances de la plateforme elle-même, ce sont les contenus qui décideront de son succès.

Malgré les promesses alléchantes, un certain nombre de questions restent en suspens. À commencer par le modèle commercial du service : un abonnement mensuel, une formule gratuite financée par la publicité ? Autre inconnu et pas des moindres, le débit minimal requis pour la connexion Internet pour profiter d’une résolution 4K à 60 images/seconde qui est promise. « L’expérience de jeu peut varier en fonction de la qualité de la connexion Internet », peut-on lire sur la page d’accueil de Stadia.

Il n’est pas impossible qu’une connexion 5G soit recommandée voire indispensable pour accéder au service en mode nomade dans les meilleures conditions. Et il faudra vraisemblablement disposer d’un forfait données généreux pour ne pas avoir de mauvaise surprise en fin de mois. À la maison, un accès très haut débit type fibre pourrait aussi être nécessaire pour atteindre les performances optimales. On attend encore les précisions de Google sur tous ces points. Et l’on espère aussi en savoir plus sur la manière dont les serveurs Stadia seront alimentés en énergie. On connaît la voracité de ce type d’installations…

Stadia sera lancé cette année aux États-Unis, Canada, Royaume-Uni et « dans une grande partie de l’Europe » dont la France devrait en principe faire partie.

  • Les plateformes de jeux vidéo en streaming aiguisent les appétits.
  • Google se lance dans la bataille avec un nouveau service de cloud gaming baptisé Stadia.
  • La promesse : accéder aux meilleurs jeux vidéo depuis n’importe quel écran.

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